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Grande Commission mixte Mali-Maroc : le développement au cœur de la 4e session

© Internet La capitale malienne accueillera, du 21 au 24 juillet 2026, la quatrième session de la Grande Commission mixte de coopération entre le Mali et le Maroc. Ce mécanisme diplomatique bilatéral permettra aux deux pays d’évaluer les actions déjà engagées, de renforcer leur partenariat et de préparer la signature de nouveaux accords dans plusieurs secteurs stratégiques. Cette nouvelle session doit donner un nouvel élan aux relations diplomatiques et économiques entre Bamako et Rabat, vingt-six ans après la troisième rencontre de la Grande Commission mixte, tenue en juin 2000. Les travaux porteront notamment sur le commerce, les investissements, l’agriculture, les infrastructures, les mines, l’énergie, la santé, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, la sécurité, la culture, la jeunesse et le sport. Ils seront coprésidés par les ministres chargés des Affaires étrangères des deux pays. Un forum d’affaires réunissant des opérateurs économiques maliens et marocains est également annoncé le 23 juillet, en marge de la session, afin de favoriser les échanges directs, les investissements et la création de partenariats entre les secteurs privés. Selon le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, la rencontre s’inscrit dans la dynamique de consolidation des relations d’amitié, de fraternité et de coopération qui unissent le Mali et le Maroc, sous l’impulsion des plus hautes autorités des deux États. La rencontre offrira aux deux parties l’occasion de procéder à une évaluation approfondie de la coopération bilatérale, d’examiner les progrès accomplis depuis les précédents engagements et d’identifier les projets qui nécessitent une nouvelle impulsion. Elle devra également permettre de définir des orientations stratégiques et des actions prioritaires destinées à diversifier le partenariat dans des domaines porteurs de croissance, d’emploi et de développement. La quatrième session devrait enfin être marquée par la signature de plusieurs accords et mémorandums d’entente visant à renforcer le cadre juridique de la coopération, à faciliter les investissements et à ouvrir de nouvelles perspectives aux institutions publiques, aux entreprises et aux acteurs économiques des deux pays. Joseph Amara Dembélé

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Anéfis : la victoire est militaire, la guerre est ailleurs

© JDMLe 4 juillet 2026, à l'aube, une coalition du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, et du Front de libération de l'Azawad attaque simultanément Anéfis, Gao, Aguelhok, Sévaré et Kéniéroba. Les assaillants s'emparent de la ville d'Anéfis dans la journée. Mais le camp militaire, tenu par les Forces armées maliennes et le contingent russe d'Africa Corps, refuse de céder. Encerclé, bombardé, pilonné par des drones, il tient. Tout ce qui suit découle de ce refus, et il faut le dire sans réserve : c'est une victoire. Mais une victoire ne dispense pas de comprendre la guerre qu'elle vient d'interrompre. Et cette guerre ne se joue déjà plus là où nous la regardons. LA BATAILLE S'EST DÉCIDÉE SUR LA ROUTE Reprenons la séquence, telle qu'elle est établie par les correspondants de RFI sur place, par l'AFP et par les communiqués successifs de l'État-major général des armées. Une fois le siège installé, l'adversaire n'a pas cherché à emporter le camp de vive force. Il a reporté son effort sur l'axe venant de Gao, c'est-à-dire sur ce qui pouvait sauver la garnison. Un premier convoi de renfort est engagé le 5 juillet : il est stoppé dans la zone de Tabrichat. Un second part dans la nuit du 7 au 8 juillet, subit une attaque de grande intensité vers Tabankort le 9, et parvient à Anéfis dans la nuit du 9 au 10. Entre-temps, le 8, les soldats maliens sortent du camp et reprennent pied dans la ville, où ils se filment, drapeau à la main. La ville a changé de mains deux fois en moins d'une semaine. Ce n'est donc pas elle qui a décidé de l'issue. Ce qui a décidé, c'est le convoi : sa capacité à passer, et l'entêtement de l'adversaire à l'en empêcher. La bataille d'Anéfis s'est jouée sur les cent kilomètres de piste qui séparent Anéfis de Gao. Un fait mérite d'être relevé ici, parce qu'il ruine un récit. Ce convoi ne comptait pas seulement des soldats maliens et le contingent russe : des combattants touaregs du GATIA et du MSA y participaient. Des hommes du Nord se sont battus pour que le Nord reste malien. Cette guerre n'oppose pas Bamako aux Touaregs, et ceux qui le prétendent, à Kidal comme dans certaines rédactions étrangères, le savent parfaitement. CE QUE NOTRE ÉTAT-MAJOR A DÉSIGNÉ L'adversaire a donc fait de la route sa cible. Le plus remarquable est que notre état-major, de son côté, désigne le même centre de gravité. Invité du journal télévisé de l'ORTM, le chef d'état-major général des armées, le général de division Elysée Jean Dao, a présenté l'opération comme poursuivant deux objectifs : ravitailler les unités déployées à Anéfis, et détruire les principaux moyens de combat des groupes armés. Il a inscrit la bataille dans une stratégie de réduction des capacités adverses, appelée à se poursuivre sur l'ensemble du territoire. Ravitailler et détruire des moyens : ni l'un ni l'autre ne se mesure en kilomètres carrés. L'objet de cette guerre n'est pas le sol, c'est le matériel et son acheminement. Les assaillants frappent nos convois pour asphyxier nos garnisons ; nos forces détruisent leurs véhicules pour user leur capacité de manœuvre. Des deux bouts du champ de bataille, un même constat : ce n'est pas le terrain qui décide, c'est la logistique. On m'opposera Kidal, et l'objection mérite d'être traitée. Depuis avril 2026, l'adversaire tient la ville : il prend donc du territoire, et il le garde. Mais qu'en a-t-il fait ? Rien, sinon une base d'où partir vers autre chose. Il ne l'administre pas, il n'y élève pas d'État, il n'y produit rien. Une ville, entre ses mains, ne vaut pas comme territoire : elle vaut comme point d'appui pour couper des axes, et la preuve en est qu'il a marché sur Anéfis, c'est-à-dire sur le verrou de la route qui monte vers Kidal. Le territoire est son moyen ; le flux est sa fin. Reste à savoir de quoi le flux, lui, est le moyen. Car couper une route n'est pas davantage une fin en soi. C'est ici que la stratégie de l'adversaire apparaît dans son entier, et elle n'est pas militaire. LE MONOPOLE DE L'ORDINAIRE En septembre 2025, le JNIM interdit les importations de carburant vers le Mali et s'attaque systématiquement aux camions-citernes venant du Sénégal et de la Côte d'Ivoire. Des centaines de citernes sont incendiées. Dans un pays enclavé qui importe par la route la quasi-totalité de son carburant, l'effet est immédiat : files de trois jours devant les stations de Bamako, coupures d'électricité, moissons compromises, pénuries alimentaires. Et le 26 octobre, le ministre de l'Éducation nationale, Amadou Sy Savané, annonce à la télévision la suspension des cours dans toutes les écoles et universités du pays, du 27 octobre au 9 novembre : faute de carburant, les enseignants ne peuvent plus se déplacer. Il faut mesurer ce qui s'est produit ce jour-là. Le JNIM a fermé toutes les écoles du Mali sans entrer dans une seule salle de classe, sans tenir un seul quartier de Bamako, en brûlant des camions sur les routes de Dakar et d'Abidjan. Or fermer les écoles d'un pays n'est pas un acte terroriste : c'est un acte souverain, une prérogative d'État. Ce jour-là, deux autorités décidaient si les enfants maliens iraient en classe. Voilà la guerre qui nous est faite, et elle n'est ni une guerre de conquête ni même une guerre des routes. Les routes ne sont qu'un moyen. L'adversaire ne cherche pas à prendre le Mali : il cherche à priver l'État malien du monopole de l'ordinaire. Il n'attaque pas la souveraineté par le drapeau, il l'attaque par le quotidien. Le plein d'essence. Le camion qui livre. L'instituteur qui rejoint son poste. L'enfant qui va à l'école. Le calcul est limpide, et il n'a rien de militaire. Un État qui ne garantit plus le banal perd d'abord la confiance, puis la patience de son peuple. Ce que vise l'adversaire, c'est l'exaspération : la file d'attente, la rentrée annulée, le prix du mil qui monte. Il ne peut pas gagner une bataille rangée, Anéfis vient de le lui rappeler. Alors il travaille à rendre le pays ingouvernable assez longtemps pour que la lassitude fasse ce que ses armes ne peuvent pas faire : une instabilité durable, ou une rupture politique. D'où la formule qui décrit le plus exactement notre situation : un État dont chaque acte banal exige une opération militaire a déjà perdu une part de sa souveraineté, même s'il tient toutes ses villes. Car la souveraineté réelle n'est pas une couleur sur une carte : c'est la capacité de rendre la vie ordinaire à nouveau ordinaire. LA QUESTION QUI DÉCIDERA DE LA SUITE Si tel est l'objectif adverse, alors la question de l'après-Anéfis se pose en deux temps. Le premier est militaire, et il tient à la reconstitution. Une coalition qui aligne des blindés, des pièces d'artillerie, des drones et des centaines de véhicules ne fabrique rien de tout cela : elle le reçoit. Il existe donc, en amont de chaque véhicule détruit à Anéfis, une chaîne de financements, de sanctuaires, de corridors et de marchés d'armes. Détruire le stock est nécessaire ; tarir la source est ce qui rend la destruction décisive. Une stratégie d'usure sans stratégie d'interdiction de la reconstitution revient à vider une baignoire dont le robinet reste ouvert. Le second n'est pas militaire, et c'est le plus important : à quelle vitesse l'État reprend-il le monopole de l'ordinaire ? Cela se mesure, et cela ne figure dans aucun communiqué. Le prix, le délai et l'escorte nécessaires pour qu'un camion aille de Gao à Anéfis, ou d'Abidjan à Bamako. Le nombre d'écoles ouvertes, non pas décrétées ouvertes, mais où les maîtres arrivent et où les enfants viennent. Le nombre de marchés hebdomadaires qui se tiennent. Voilà les chiffres qui disent la souveraineté telle qu'elle se vit. Ce sont eux qu'il faudrait publier. CE QUE NOUS DEVONS À CEUX QUI ONT TENU Il faut, pour finir, revenir à ceux par qui tout cela tient. Plusieurs jours durant, des hommes ont défendu un camp encerclé, sous les drones et l'artillerie, face à un adversaire supérieur en nombre, sans savoir si le secours arriverait. D'autres ont pris la route pour eux, en connaissant les mines, les embuscades et les véhicules piégés qui les attendaient. Certains ne sont pas revenus. Le pays leur doit davantage qu'une image partagée : il leur doit la mémoire de leurs noms, le soin de leurs blessés, la dignité de leurs familles. Le courage d'Anéfis n'est pas un slogan. Il a un prix, et il a été payé. Mais ce sacrifice appelle une contrepartie, et cette contrepartie n'est pas militaire. Le soldat escorte le carburant ; il ne peut pas faire que le carburant n'ait plus besoin d'escorte. Il tient la route ; il ne peut pas la construire. Il reprend une localité ; il ne peut pas y rouvrir l'école, y installer un juge, y ramener un dispensaire. Il détruit les véhicules de l'ennemi ; il ne peut pas tarir les circuits qui les remplaceront. Voilà la part qui n'est pas la leur. Elle a des noms précis : l'État civil, qui doit revenir là où le drapeau tient ; les travaux publics et le budget, qui font les routes et les rendent praticables ; la diplomatie, qui négocie nos corridors d'importation avec nos voisins et qui doit assécher l'armement de l'ennemi à la source ; l'école, enfin, qui décide de ce que le Mali sera dans vingt ans. L'objectif national n'est donc ni une carte ni un communiqué. Il porte un nom que nul n'ose écrire parce qu'il paraît trop humble : la reconquête de la normalité. Nos soldats ont fait leur part, et bien au-delà. Il reste à savoir si le reste du Mali fera la sienne. Oumar Sidibé est docteur en relations internationales et auteur de plusieurs travaux sur le Sahel, la sécurité et la gouvernance.

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69e sommet de la CEDEAO : nouvelle gouvernance et relance de l’intégration ouest-africaine

© CEDEAORéunis le 19 juillet 2026 en Sierra Leone, les dirigeants de la CEDEAO ont renouvelé la direction de l’organisation et défini plusieurs priorités régionales. Sécurité collective, intégration économique, infrastructures énergétiques et rapprochement politique ont dominé un sommet marqué par la montée en responsabilité du Sénégal. Le 69e sommet ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest s’est achevé dimanche à Lungi, près de Freetown, dans un contexte particulièrement sensible pour l’organisation régionale. La CEDEAO doit aujourd’hui composer avec la progression du terrorisme, l’instabilité politique, les difficultés économiques, la méfiance d’une partie des opinions publiques et le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Réduite à douze États membres, elle cherche à restaurer son autorité, à renforcer son efficacité et à démontrer que l’intégration régionale peut encore produire des résultats concrets pour les populations. Le sommet avait été précédé par plusieurs réunions ministérielles consacrées à la situation politique et sécuritaire, aux finances de la Communauté, aux projets économiques régionaux et à la réforme des institutions. La Sierra Leone a également inauguré un dépôt logistique destiné à soutenir les opérations de paix, les interventions humanitaires et les futures missions de la Force en attente de la CEDEAO. Une nouvelle direction marquée par la montée en puissance du Sénégal La principale décision du sommet a été la désignation du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à la tête de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. Il succède au président sierra-léonais Julius Maada Bio et devient, pour la durée de son mandat, le principal représentant politique de la CEDEAO. Cette fonction lui confère un rôle central dans la médiation entre les États membres, la gestion des crises régionales, la recherche de compromis et la représentation internationale de l’organisation. Bassirou Diomaye Faye devra notamment contribuer au rétablissement de la confiance entre les capitales ouest-africaines et maintenir les voies du dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel. Le Sénégal a obtenu une seconde responsabilité majeure avec la nomination du général d’armée Birame Diop à la présidence de la Commission de la CEDEAO. Ancien chef d’état-major général des armées et ancien ministre sénégalais des Forces armées, il doit entrer en fonction le 1er septembre 2026 pour un mandat allant jusqu’en 2030. La Commission constitue l’organe administratif et exécutif permanent de la Communauté. Elle prépare les politiques régionales, coordonne les programmes communs et assure le suivi des décisions prises par les chefs d’État. La présence simultanée de Bassirou Diomaye Faye à la tête de la Conférence et de Birame Diop à la direction de la Commission place le Sénégal dans une position exceptionnelle. Cette double responsabilité représente une réussite diplomatique pour Dakar, mais elle s’accompagne surtout d’une forte obligation de résultats. Le Sénégal sera attendu sur sa capacité à rapprocher les États, à renforcer la crédibilité de la CEDEAO et à donner une traduction concrète aux engagements pris à Freetown. Le sommet a également été marqué par la première participation de Mamadi Doumbouya en qualité de président d’un État membre pleinement réintégré dans les instances décisionnelles de l’organisation. La Guinée n’avait jamais juridiquement quitté la CEDEAO, mais elle avait été suspendue après le coup d’État du 5 septembre 2021. La levée des sanctions et sa réintégration institutionnelle au début de l’année 2026 ont permis au président guinéen de siéger à Freetown comme représentant d’un État membre à part entière, et non comme simple invité. Sa présence symbolise le retour de Conakry dans le cercle politique régional après plusieurs années de transition et de relations tendues avec l’organisation. La participation du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani répondait à une logique différente. La Mauritanie, qui s’est retirée de la CEDEAO en 2000, n’est pas redevenue membre de la Communauté. Son chef de l’État a pris part aux travaux en qualité d’invité d’honneur. Cette invitation s’inscrit dans le cadre du rapprochement engagé depuis l’accord d’association conclu en 2017 entre la Mauritanie et la CEDEAO. Elle traduit aussi la volonté de l’organisation de renforcer le dialogue avec un pays stratégique situé entre le Maghreb, le Sahel et l’espace atlantique ouest-africain. La présence conjointe de la Guinée et de la Mauritanie a ainsi donné au sommet une dimension politique particulière. Elle a illustré à la fois le retour d’un État membre suspendu et l’ouverture de la CEDEAO vers un ancien membre devenu partenaire extérieur. Sécurité, intégration économique et gazoduc au cœur des priorités régionales Outre des changements de gouvernance, le sommet a accordé une place importante à la sécurité régionale. Les dirigeants ont réaffirmé leur volonté de renforcer le partage du renseignement, la coopération militaire, la diplomatie préventive et les mécanismes d’alerte précoce. La mise en capacité de la Force en attente de la CEDEAO et le projet de création d’une force régionale antiterroriste demeurent au centre des discussions. L’objectif est de permettre à l’organisation de mieux répondre aux attaques des groupes armés, aux trafics transfrontaliers et aux crises susceptibles de déstabiliser plusieurs États. La mise en œuvre de ces ambitions reste toutefois complexe. Une force réellement opérationnelle exige un financement durable, des effectifs disponibles, un commandement commun, des équipements adaptés et des règles d’engagement clairement définies. Elle suppose également une coopération avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, où se concentre une grande partie de la menace terroriste, malgré leur retrait de la CEDEAO. L’inauguration du dépôt logistique de Lungi constitue dans ce domaine un résultat concret. Cette infrastructure doit faciliter le stockage et le déploiement de matériels nécessaires aux opérations de paix, aux missions humanitaires et aux interventions régionales. Les chefs d’État ont également soutenu le Pacte pour l’avenir de l’intégration régionale, présenté comme une nouvelle feuille de route pour restaurer la confiance dans la CEDEAO et recentrer son action sur les attentes des populations. Ce cadre couvre la transformation économique, la paix, la gouvernance démocratique, la science, la technologie, l’inclusion sociale, la réforme institutionnelle et le repositionnement géopolitique de l’Afrique de l’Ouest. Il prévoit notamment de renforcer le commerce entre les États, de réduire les obstacles aux frontières, d’améliorer les infrastructures régionales, de développer un marché numérique commun et de créer davantage d’opportunités pour les femmes et les jeunes. La libre circulation des personnes et des marchandises reste l’un des principaux tests de crédibilité de l’organisation. Malgré les textes communautaires, les voyageurs, les transporteurs et les commerçants continuent de faire face à des contrôles multiples, à des prélèvements informels et à de nombreuses lenteurs administratives. Pour les citoyens, la réussite de l’intégration se mesurera moins au nombre de sommets organisés qu’à la possibilité de franchir les frontières sans tracasseries, de travailler dans un autre pays, de transférer de l’argent à moindre coût ou de commercialiser des produits dans l’ensemble de l’espace communautaire. L’un des principaux résultats économiques du sommet a été la signature de l’accord intergouvernemental relatif au Gazoduc africain atlantique. Ce projet doit relier le Nigeria au Maroc en longeant la façade atlantique et en desservant plusieurs États d’Afrique de l’Ouest. Le futur corridor énergétique pourrait améliorer l’accès au gaz, alimenter les centrales électriques et les industries, soutenir la production d’engrais et favoriser les investissements régionaux. Des raccordements pourraient également permettre aux pays enclavés de bénéficier du projet. La signature de l’accord constitue une étape politique et juridique importante, mais elle ne signifie pas que la construction commencera immédiatement. Le financement, les études techniques et environnementales, les conditions d’exploitation et la sécurisation du tracé doivent encore être précisés. Le sommet a par ailleurs réaffirmé l’attachement de la CEDEAO à l’ordre constitutionnel, à l’État de droit, aux droits humains et au rejet des changements anticonstitutionnels de gouvernement. L’organisation reste néanmoins attendue sur l’application équitable de ces principes. Une partie croissante des populations lui demande de ne pas limiter son action aux coups d’État militaires, mais de s’intéresser également aux restrictions des libertés publiques, aux manipulations électorales et aux modifications constitutionnelles contestées. Le Nigeria a aussi appelé à une position régionale contre les violences xénophobes et afrophobes visant des ressortissants du continent en Afrique du Sud. Cette question a été portée devant les dirigeants, même si aucune résolution autonome et détaillée n’avait encore été rendue publique à la clôture du sommet. Le sommet de Freetown aura néanmoins fixé une direction claire. La CEDEAO entend renouveler sa gouvernance, renforcer sa capacité sécuritaire et relancer une intégration davantage tournée vers les besoins quotidiens des populations. La réussite de cette nouvelle étape dépendra désormais de la capacité des dirigeants à transformer les déclarations en actions concrètes. Avec les deux principales responsabilités de l’organisation confiées à des Sénégalais, Dakar se retrouve en première ligne pour contribuer à cette transformation.

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Coupe du monde 2026 : l’Espagne au sommet

© TM1Les projecteurs se sont éteints sur la vingt-troisième édition de la Coupe du monde. L’Espagne a été couronnée après avoir battu l’Argentine en finale. La Coupe du monde 2026 s’est achevée le 19 juillet par le sacre de l’Espagne, victorieuse de l’Argentine 1-0 après prolongation. Seize ans après son premier titre mondial, remporté en Afrique du Sud, la Roja a retrouvé le sommet grâce à un but de Ferran Torres à la 106e minute. La finale n’a pas été la rencontre la plus spectaculaire du tournoi. Elle en a cependant résumé plusieurs tendances profondes. L’Espagne a voulu le ballon, pris l’initiative et installé progressivement son jeu dans le camp adverse. L’Argentine, davantage tournée vers la résistance et la gestion des espaces, a longtemps retardé l’échéance sans parvenir à imposer durablement son propre rythme. Il a fallu attendre la prolongation pour que la domination espagnole trouve sa récompense. L’entrée de Ferran Torres a donné une profondeur nouvelle à l’attaque de la Roja. Son but a libéré une sélection qui avait refusé de se précipiter malgré les minutes qui passaient et la tension grandissante. La fin de rencontre a été plus nerveuse. L’Argentine a tenté de réagir dans l’urgence, mais elle n’avait plus la maîtrise ni la fraîcheur nécessaires pour renverser une équipe espagnole remarquablement organisée. Lorsque le coup de sifflet final a retenti, les joueurs de Luis de la Fuente pouvaient célébrer un titre construit sur la constance, la patience et une impressionnante discipline collective. Le sacre d’une équipe plus que celui d’une génération L’Espagne n’a pas remporté cette Coupe du monde grâce à une seule individualité. Son succès est celui d’un ensemble arrivé à maturité, capable de conserver son identité sans rester prisonnier des modèles du passé. La Roja a continué à placer la maîtrise technique au centre de son projet, mais son football s’est révélé plus direct et plus varié que celui de l’équipe championne du monde en 2010. Elle a su monopoliser le ballon lorsque le contexte l’exigeait, accélérer sur les côtés, attaquer la profondeur et accepter les périodes de souffrance. Son parcours à élimination directe témoigne de cette solidité. L’Espagne a successivement dominé l’Autriche, éliminé le Portugal, résisté à la Belgique, maîtrisé la France en demi-finale puis fait céder l’Argentine en finale. À chaque tour, elle a trouvé une réponse différente. Rodri a été le centre de gravité de cette équipe. Sa capacité à organiser le jeu, à orienter les attaques et à couper les transitions adverses a donné à l’Espagne une stabilité précieuse. Son influence a dépassé les statistiques. Il a été celui qui a dicté le tempo, calmé les moments d’agitation et maintenu l’équilibre entre prudence et ambition. Autour de lui, l’Espagne a bénéficié d’une remarquable complémentarité. Unai Simón a apporté de la sérénité dans les buts. Pau Cubarsí a confirmé qu’il possédait déjà la maturité des grands défenseurs. Lamine Yamal, même lorsqu’il n’a pas marqué ou délivré la dernière passe, a constamment attiré les défenseurs et ouvert des espaces à ses partenaires. Les accélérations de Nico Williams, la mobilité des milieux et la profondeur du banc ont permis à la Roja de ne jamais dépendre d’un scénario unique. Luis de la Fuente a également joué un rôle déterminant. Il a su faire vivre son groupe, effectuer des changements décisifs et préserver une ligne directrice claire. Son Espagne n’a pas toujours été flamboyante, mais elle a rarement perdu le contrôle émotionnel ou tactique d’une rencontre. L’Argentine au terme d’un cycle exceptionnel L’Argentine n’est pas parvenue à conserver le titre remporté en 2022, mais son parcours confirme qu’elle demeure l’une des grandes puissances du football mondial. Avant la finale, l’Albiceleste avait affiché une redoutable efficacité offensive. Elle avait éliminé le Cap-Vert, l’Égypte, la Suisse puis l’Angleterre en demi-finale. Sa capacité à trouver des solutions dans les moments difficiles avait une nouvelle fois impressionné. Contre l’Angleterre, elle avait notamment renversé une situation compromise dans les dernières minutes. Cette victoire avait rappelé la force mentale d’un groupe habitué aux rencontres sous haute tension et encore profondément marqué par la culture de compétition installée par Lionel Scaloni. La finale a toutefois révélé certaines limites. L’Argentine a choisi de défendre bas, de fermer l’axe et de réduire les espaces autour de sa surface. Ce plan a longtemps contenu l’Espagne, mais il a aussi isolé les attaquants et privé Lionel Messi de ballons exploitables dans les zones où il pouvait faire la différence. À 39 ans, Messi a vécu une soirée particulièrement chargée en émotion. Son influence a été limitée par l’organisation espagnole, mais sa seule présence a donné à la finale une dimension historique. Cette rencontre pourrait avoir été sa dernière apparition en Coupe du monde. Si tel est le cas, elle refermera un chapitre exceptionnel, commencé près de deux décennies plus tôt et couronné par le titre de 2022. L’Argentine devra désormais préparer une transition délicate. Elle possède encore des joueurs capables de maintenir la sélection au plus haut niveau, mais son avenir passera nécessairement par une redéfinition de son identité collective, longtemps construite autour de Messi. La France entre records, regrets et fin d’époque La France termine quatrième après un parcours qui laisse un sentiment contrasté. Les Bleus ont atteint le dernier carré, confirmé leur régularité dans les grandes compétitions et vu plusieurs de leurs joueurs établir des performances remarquables. Ils ont néanmoins échoué dans les deux rencontres qui devaient déterminer la valeur finale de leur tournoi. Après avoir dominé leur groupe, les Français ont éliminé la Suède, le Paraguay puis le Maroc. Leur parcours paraissait maîtrisé, même si l’équipe dépendait parfois fortement de l’inspiration de ses attaquants. La demi-finale contre l’Espagne a exposé ses difficultés face à une équipe capable de contrôler le milieu de terrain. Battue 2-0, la France n’a jamais véritablement réussi à imposer sa puissance offensive. Elle a manqué de continuité dans la construction et de solutions pour contourner le pressing espagnol. Le match pour la troisième place contre l’Angleterre a ensuite pris la forme d’une rencontre totalement débridée. Les Bleus se sont inclinés 6-4 après avoir été menés 4-0. Leur réaction a montré de l’orgueil, mais elle n’a pas effacé une première période marquée par les erreurs défensives, les déséquilibres et une inhabituelle fragilité collective. Kylian Mbappé a pourtant réalisé un tournoi exceptionnel sur le plan individuel. Avec dix buts, il a terminé meilleur buteur de la compétition et porté son total en Coupe du monde à vingt-deux réalisations. À 27 ans, il s’est installé encore davantage au centre de l’histoire du tournoi. Michael Olise a lui aussi été l’une des grandes satisfactions françaises. Sa qualité de passe, sa capacité à créer des décalages et son entente avec Mbappé ont donné une autre dimension à l’attaque des Bleus. Il a achevé le tournoi avec sept passes décisives et s’est affirmé comme l’un des principaux créateurs de la sélection. La gestion de l’effectif laissera cependant plusieurs questions ouvertes. Marcus Thuram et N’Golo Kanté n’ont disputé aucune minute. Dans un tournoi aussi long, et alors que la fatigue s’est progressivement installée, leur absence totale du terrain a nourri les interrogations sur la rotation et les choix du sélectionneur. Cette Coupe du monde a surtout marqué la fin du mandat de Didier Deschamps. Après quatorze années à la tête des Bleus, un titre mondial en 2018, une finale en 2022 et une nouvelle demi-finale en 2026, il quitte une sélection qu’il a installée durablement parmi les références du football international. Son successeur héritera d’un groupe riche, d’un capitaine au sommet de son art et d’un réservoir de talents considérable. Il devra toutefois reconstruire certains équilibres, redonner de la maîtrise au milieu et définir une identité qui ne repose pas uniquement sur la vitesse et l’efficacité des attaquants. L’Angleterre sur le podium, sans avoir dissipé tous ses doutes L’Angleterre a terminé troisième après sa victoire spectaculaire contre la France. Il s’agit d’un résultat important pour une sélection toujours soumise à une immense pression populaire et médiatique. Les Anglais ont avancé dans le tournoi en s’appuyant sur leur puissance offensive et sur la richesse de leur effectif. Ils ont éliminé la République démocratique du Congo, le Mexique et la Norvège avant de s’incliner contre l’Argentine en demi-finale. Le match contre la France a offert une dernière démonstration de leurs qualités, mais aussi de leurs fragilités. L’Angleterre a inscrit six buts, porté par un Bukayo Saka irrésistible et par l’influence de Jude Bellingham. Elle a pourtant laissé son adversaire revenir dans une rencontre qu’elle semblait avoir définitivement maîtrisée. La médaille de bronze donne du relief au bilan de Thomas Tuchel. Elle ne répond toutefois pas complètement à la question qui accompagne cette génération depuis plusieurs années. L’Angleterre possède les joueurs nécessaires pour atteindre les derniers tours, mais elle doit encore démontrer qu’elle peut gagner le match décisif contre un adversaire du même niveau. L’Afrique réalise une performance d’ensemble historique L’un des enseignements majeurs de cette Coupe du monde réside dans la prestation collective des sélections africaines. Réduire le bilan continental au seul parcours du Maroc serait passer à côté d’une évolution beaucoup plus large. Sur les dix représentants africains engagés, neuf ont franchi la phase de groupes et atteint les seizièmes de finale. Seule la Tunisie n’est pas parvenue à se qualifier. Une telle présence au premier tour à élimination directe constitue une performance considérable et confirme que la compétitivité africaine ne repose plus uniquement sur une ou deux équipes capables de créer ponctuellement la surprise. L’Afrique a ainsi placé l’Afrique du Sud, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, l’Égypte, l’Algérie, le Ghana, le Cap-Vert et la République démocratique du Congo parmi les trente-deux équipes qualifiées. Cette réussite d’ensemble lui a permis de faire mieux que l’Asie en matière de représentation au second tour. Ce résultat mérite d’être souligné avec force. Les sélections africaines ont évolué dans des groupes très différents, face à des adversaires aux styles variés, et elles ont presque toutes trouvé les ressources nécessaires pour poursuivre leur parcours. Certaines ont convaincu par leur organisation, d’autres par leur impact physique, leur vitesse ou leur qualité technique. Le Maroc a naturellement signé le parcours le plus abouti. Deuxième de son groupe derrière le Brésil, il a éliminé les Pays-Bas aux tirs au but, puis largement dominé le Canada en huitième de finale. Son aventure s’est arrêtée en quart contre la France, mais les Lions de l’Atlas ont confirmé que leur demi-finale de 2022 ne constituait pas un accident isolé. Leur stabilité défensive, leur maîtrise tactique et leur expérience des grands rendez-vous ont montré que le Maroc appartient désormais au cercle des sélections capables d’aborder une Coupe du monde avec l’ambition d’atteindre les derniers tours. L’Égypte a également marqué le tournoi. Qualifiée derrière la Belgique dans son groupe, elle a éliminé l’Australie aux tirs au but avant de pousser l’Argentine dans un huitième de finale spectaculaire, finalement perdu 3-2. Les Égyptiens ont affiché du courage, une réelle capacité à se projeter et une personnalité qui leur a permis de rivaliser avec les champions du monde en titre. La Côte d’Ivoire a atteint les seizièmes de finale après avoir terminé deuxième d’un groupe relevé. Elle a ensuite été éliminée de justesse par la Norvège. Malgré cette sortie précoce, les Ivoiriens ont montré qu’ils pouvaient rivaliser dans l’intensité et produire un football offensif ambitieux. Le Sénégal, troisième de son groupe, a livré une rencontre spectaculaire contre la Belgique. Battus 3-2, les Lions de la Teranga ont quitté le tournoi sans avoir renoncé à jouer, en restant dangereux jusqu’aux dernières minutes. L’Algérie a elle aussi franchi la phase de groupes, une étape qui lui avait échappé lors de plusieurs campagnes précédentes. Son élimination contre la Suisse n’efface pas l’importance de cette qualification, obtenue dans un groupe dominé par l’Argentine. La République démocratique du Congo a retrouvé la scène mondiale avec beaucoup de personnalité. Face à l’Angleterre en seizième de finale, les Congolais se sont inclinés 2-1 sans jamais paraître dépassés par l’enjeu. Leur parcours a rappelé la richesse du football congolais et l’importance d’une meilleure continuité dans l’organisation de la sélection. Le Ghana a également atteint le tour à élimination directe. Les Black Stars ont résisté à la Colombie et n’ont cédé que sur le plus petit des écarts. Le résultat est frustrant, mais leur qualification confirme leur retour progressif parmi les équipes africaines les plus compétitives. Le Cap-Vert a été l’une des histoires les plus attachantes de la compétition. Pour une sélection issue d’un pays à la population réduite, atteindre les seizièmes de finale représentait déjà un accomplissement immense. Face à l’Argentine, les Cap-Verdiens ont refusé de subir et ne se sont inclinés que 3-2, au terme d’une prestation pleine d’audace et de dignité. L’Afrique du Sud, deuxième de son groupe, a également retrouvé la phase à élimination directe. Battus 1-0 par le Canada, les Bafana Bafana ont quitté la compétition avec des regrets, mais leur qualification a constitué un signal encourageant pour une sélection qui cherchait depuis longtemps à retrouver une place significative au niveau mondial. Même la Tunisie, seul représentant africain éliminé dès la phase de groupes, ne saurait résumer négativement le bilan continental. Sa sortie rappelle simplement que la progression reste inégale et que certaines sélections doivent encore gagner en efficacité offensive et en régularité. Cette présence massive des équipes africaines constitue l’une des grandes réussites du nouveau format. Elle démontre que l’élargissement à quarante-huit participants n’a pas seulement augmenté le nombre de rencontres. Il a offert à davantage de nations la possibilité de prouver leur valeur et de s’installer durablement dans le paysage mondial. Le continent africain n’a pas placé d’équipe en demi-finale comme en 2022, mais il a peut-être réalisé quelque chose de plus structurant : une performance collective. Neuf qualifiés sur dix engagés montrent que la profondeur existe, que les écarts se réduisent et que les équipes africaines sont désormais capables de rivaliser sur une base beaucoup plus régulière. Les distinctions individuelles et une dotation financière record Le sacre espagnol s’est également accompagné d’une large moisson de récompenses individuelles. Rodri a reçu le Ballon d’or Adidas, attribué au meilleur joueur de la compétition, après avoir incarné pendant huit rencontres la maîtrise, l’intelligence tactique et la régularité de la Roja. Son compatriote Unai Simón a remporté le Gant d’or du meilleur gardien, notamment grâce à sept matches sans encaisser de but. Pau Cubarsí a été désigné meilleur jeune joueur du tournoi, récompensant la sérénité et la maturité exceptionnelles affichées par le défenseur espagnol malgré son jeune âge. Kylian Mbappé, auteur de dix réalisations avec la France, a reçu le Soulier d’or du meilleur buteur. Luis de la Fuente peut, pour sa part, être considéré comme l’entraîneur de cette Coupe du monde. Il n’existe toutefois pas, parmi les distinctions traditionnelles remises à l’issue du Mondial, de trophée FIFA officiel spécifiquement intitulé « meilleur entraîneur du tournoi ». Cette appréciation relève donc du bilan sportif et éditorial. Le sélectionneur espagnol l’a pleinement méritée par la cohérence de son projet, la qualité de ses choix et sa capacité à conduire son équipe au titre sans la détourner de son identité de jeu. Le succès sportif s’accompagne d’une récompense financière sans précédent. La Fédération espagnole recevra 50 millions de dollars au titre de la victoire finale, auxquels s’ajoutent 1,5 million destiné à la préparation de la compétition. L’Argentine, vice-championne du monde, percevra 33 millions de dollars, tandis que l’Angleterre, troisième, recevra 29 millions et la France, quatrième, 27 millions. Les équipes éliminées en quarts de finale toucheront chacune 19 millions, celles sorties en huitièmes 15 millions, et les sélections éliminées en seizièmes de finale 11 millions. Les équipes classées entre la trente-troisième et la quarante-huitième place percevront 9 millions. Au total, la FIFA a prévu 655 millions de dollars de primes sportives et 727 millions de contributions liées au tournoi, soit une hausse de 50 par rapport à l’édition 2022. La Norvège et les outsiders refusent les rôles secondaires La Norvège a signé l’un des plus grands exploits de cette Coupe du monde en éliminant le Brésil en huitième de finale. Elle avait auparavant battu la Côte d’Ivoire et s’est ensuite inclinée de peu contre l’Angleterre en quart. Son parcours a confirmé l’importance d’une organisation collective solide et d’une identité claire. Face à des adversaires techniquement supérieurs, les Norvégiens ont su défendre ensemble, exploiter les transitions et jouer sans complexe. Le Paraguay a créé une autre sensation en éliminant l’Allemagne aux tirs au but. Même si son parcours s’est arrêté contre la France, cette victoire restera l’un des résultats marquants du tournoi. La Suisse a également affiché une remarquable solidité. Après avoir dominé l’Algérie, elle a éliminé la Colombie aux tirs au but avant de céder contre l’Argentine en quart de finale. Ces parcours ont rappelé que le prestige historique ne suffit plus. Dans un football international de plus en plus homogène, la préparation tactique, la cohésion et la capacité à saisir les rares occasions peuvent réduire considérablement les écarts. Le Brésil et l’Allemagne encore loin de leur passé Le Brésil et l’Allemagne figurent parmi les grandes déceptions du tournoi. Leur élimination précoce ne peut plus être considérée comme un simple accident. Le Brésil a quitté la compétition en huitième de finale, battu par la Norvège. Il avait déjà souffert pour éliminer le Japon au tour précédent. La Seleção a montré du talent par séquences, mais elle a manqué de maîtrise collective et de sécurité défensive. L’Allemagne a connu une sortie encore plus brutale en s’inclinant dès les seizièmes de finale contre le Paraguay aux tirs au but. Cette nouvelle désillusion prolonge une période d’instabilité dans les grandes compétitions. Ces deux nations restent riches en joueurs de haut niveau, mais leur histoire ne leur offre plus aucune protection. Elles doivent désormais reconstruire des équipes, et non simplement additionner des talents. Le Portugal a également quitté la compétition plus tôt qu’il ne l’espérait. Battu par l’Espagne en huitième de finale, il n’a pas réussi à transformer sa qualité individuelle en supériorité collective. Cette élimination pourrait également avoir marqué la dernière apparition de Cristiano Ronaldo sur la scène mondiale. Une Coupe du monde élargie qui a tenu son pari sportif Cette édition était la première organisée avec quarante-huit équipes et une phase à élimination directe commençant dès les seizièmes de finale. Le changement de format avait suscité des inquiétudes légitimes. Certains redoutaient des rencontres trop déséquilibrées, une compétition interminable et une dilution de la qualité. Le tournoi a effectivement été long et parfois difficile à suivre dans son intégralité. Les distances entre les villes, les conditions climatiques et l’enchaînement des voyages ont imposé une charge importante aux joueurs et aux supporters. Sur le plan sportif, l’élargissement a toutefois produit de nombreux effets positifs. Des équipes comme le Cap-Vert, la République démocratique du Congo ou l’Afrique du Sud ont pu vivre une phase à élimination directe. Les neuf qualifications africaines ont constitué la meilleure démonstration de l’utilité du nouveau format. La multiplication des nations n’a pas empêché les favoris d’atteindre les derniers tours, puisque l’Espagne, l’Argentine, la France et l’Angleterre ont composé le dernier carré. Elle a en revanche rendu le chemin plus long et offert davantage de possibilités d’exploit. Le gigantisme de l’événement a également confirmé la transformation de la Coupe du monde en une industrie sportive et commerciale sans équivalent. Les stades pleins, les audiences internationales et l’ampleur des cérémonies ont illustré la puissance du tournoi. Cette évolution n’est toutefois pas sans risque. Plus l’événement grandit, plus il doit veiller à ne pas perdre l’intensité et la simplicité qui font la force du football. Un tournoi de records et de passages de relais La Coupe du monde 2026 restera associée à plusieurs performances individuelles majeures. Kylian Mbappé a inscrit dix buts. Michael Olise a délivré sept passes décisives. Jude Bellingham a réalisé un tournoi remarquable avec l’Angleterre. Rodri a dominé le milieu de terrain et conduit l’Espagne au titre. Mais cette édition restera surtout celle d’un passage entre plusieurs générations. Lionel Messi et Cristiano Ronaldo ont peut-être disputé leur dernière Coupe du monde. Didier Deschamps a refermé son long chapitre à la tête de la France. Dans le même temps, Lamine Yamal, Pau Cubarsí, Jude Bellingham et plusieurs jeunes joueurs ont confirmé que le football mondial était déjà prêt à écrire une nouvelle histoire. L’Espagne apparaît aujourd’hui comme l’équipe la mieux armée pour durer. Elle possède une identité, une formation performante et un effectif dans lequel les jeunes joueurs sont entourés par des cadres encore au sommet de leur carrière. La France conserve une puissance exceptionnelle, mais elle entre dans une période de reconstruction. L’Argentine doit préparer l’après-Messi. L’Angleterre doit transformer ses places d’honneur en titre. Le Brésil et l’Allemagne doivent retrouver une cohérence à la hauteur de leur histoire. L’Espagne, championne logique d’un tournoi profondément mondial Cette Coupe du monde a désigné un champion incontestable sans être un tournoi prévisible. L’Espagne a remporté le trophée parce qu’elle a été l’équipe la plus complète, la plus cohérente et la plus constante. Elle a su dominer sans s’exposer, souffrir sans paniquer et gagner sans renoncer à ses principes. Son sacre ne repose pas sur une rencontre ou sur une action isolée, même si le but de Ferran Torres restera l’image définitive de la finale. L’Argentine termine deuxième après avoir défendu son titre avec courage. L’Angleterre monte sur le podium. La France repart avec des records, mais aussi avec le sentiment d’avoir laissé échapper une compétition qu’elle pouvait gagner. L’Afrique quitte le tournoi sans demi-finaliste, mais avec une performance collective historique. Neuf de ses dix représentants ont atteint les seizièmes de finale, davantage que les sélections asiatiques. Cette progression d’ensemble constitue l’un des faits les plus significatifs de l’édition. Lorsque les dernières lumières se sont éteintes, il est resté le souvenir d’une compétition immense, parfois excessive, mais profondément ouverte sur le monde. Une Coupe du monde marquée par la fin de plusieurs époques, l’émergence de nouvelles forces et le couronnement d’une sélection espagnole arrivée au sommet par le jeu, la patience et la maîtrise.

2 days ago

Foudre en hivernage : les gestes qui mettent des vies en danger

© Internet Plusieurs cas de foudre causant des victimes et des dégâts colossaux ont été enregistrés depuis le début de cet hivernage par le service de Prévision météorologique de Mali Météo. Avec une intensité électrique phénoménale, un coup de foudre est estimé à 30 000 ampères (A) en moyenne, de quoi être mortel. Au Mali, face à des gestes quotidiens qui augmentent le risque de foudroiement, plusieurs spécialistes tirent la sonnette d'alarme. Le Mali a enregistré au total 10 cas de foudre pendant la saison des pluies (hivernage) en 2025, selon les données officielles publiées par le Centre de Coordination et de Gestion des Crises (CECOGEC). Pour cette année, plusieurs cas ont déjà été signalés. La foudre est une décharge électrique géante et naturelle qui se produit pendant un orage. Selon l'analyse scientifique, elle prend naissance dans le nuage, où les morceaux de glace se frottent intensément entre eux et créent de l’électricité, à la manière d'une pile géante. Le nuage se charge électriquement et projette une immense étincelle vers le sol. Les spécialistes en la matière soulignent que le terme « foudre » désigne uniquement l'éclair qui touche le sol, ce qui ne représente en réalité que 10 des décharges électriques totales d'un orage, la grande majorité, restant confinée à l'intérieur des nuages. « En cette saison humide, des orages accompagnés de vents violents, d’éclairs et, parfois, de cas de foudre sont fréquemment observés. Nous avons déjà enregistré plusieurs victimes ainsi que des effondrements d’habitations. J’invite la population à prendre toutes les précautions nécessaires pour se prémunir contre la foudre, qui demeure un phénomène météorologique particulièrement dangereux durant cette période hivernale », a lancé le Chef du Bureau de Prévision météorologique, Bakary MANGANE, lors de la réunion hebdomadaire du CECOGEC, tenue le mercredi 8 juillet dernier. En dépit de ce bilan mensuel alarmant et de la peur constante du danger, la population reste majoritairement sous-informée face aux risques d’exposition. Selon Seydou Coulibaly, spécialiste en secours, les facteurs primaires du foudroiement découlent directement de la position ou de l’emplacement de la victime : les étendues d’eau ; l’abri sous les grands arbres ; les grandes élévations dénuées de paratonnerre. « Ces situations exposent les victimes à des risques élevés de foudroiement », précise le quinquagénaire . Il ajoute d’autres facteurs liés à la conductivité électrique, tels que la proximité d’un ouvrage métallique, les branchements électriques des poteaux et les lignes téléphoniques fixes ou internet. « Le non-respect des consignes liées au travail dans certaines localités à forte probabilité de foudroiement constitue également un facteur aggravant », renchérit-il. Ces éléments susmentionnés n’engendrent pas la foudre, mais augmentent considérablement le risque de foudroiement car ils facilitent la propagation du courant électrique. Concernant le mythe du téléphone portable largement répandu, il n’existe à ce jour aucune preuve scientifique confirmant l’hypothèse d’une quelconque attirance. Le téléphone portable n’attire pas la foudre ; c’est l’exposition de la personne dans un environnement à risque qui favorise le foudroiement, soutiennent les scientifiques. Phénomène dévastateur La foudre est à l’origine de plusieurs incendies d’immeubles, d’installations de transport d’électricité, d’usines et d’habitations. Le 8 juillet 2026, de fortes intempéries accompagnées de foudre ont causé d’importants dommages sur le réseau de transport d’énergie de la société Énergie du Mali (EDM-SA). Cela a entraîné de graves perturbations dans la fourniture d’électricité à travers plusieurs localités du pays, notamment à Bamako. La foudre peut aussi causer des pertes en vie humaine . Dans la majeure partie des cas, les victimes meurent par électrocution. Les plus chanceuses sont celles qui s’en sortent avec des brûlures graves sur une large surface du corps. Cela prouve que l’on peut tout à fait survivre à un foudroiement en raison de sa brièveté. Une hypothèse validée par le National Severe Storms Laboratory (NSSL), un laboratoire de recherche dépendant de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) aux États-Unis. Selon ce laboratoire, un coup de foudre est extrêmement bref : la décharge principale ne dure en moyenne qu’environ 20 à 50 microsecondes (millionièmes de seconde). C’est cette brièveté qui explique pourquoi certains arbres ou édifices survivent à un impact direct, et pourquoi des êtres humains peuvent parfois réchapper à un foudroiement (le courant glissant rapidement sur la peau mouillée par effet de contournement, appelé flashover), même si les séquelles physiques et neurologiques graves restent fréquentes. Secours et protections Les consignes de protection contre la foudre devraient être connues de tous. Interrogé sur la question, M. Seydou Coulibaly préconise de toujours se mettre à l’abri en évitant les facteurs de risque mentionnés plus haut. Il met également en garde contre les déplacements sous la pluie. Du côté de Mali-Météo, Bakary MANGANE appelle au renforcement des habitations fragiles et recommande d’éviter de s’abriter sous les arbres pendant les orages, tout en respectant scrupuleusement les consignes de sécurité afin de préserver des vies humaines. Le premier geste de secours après un accident de foudre est la protection personnelle, qui consiste à faire une analyse succincte du lieu du sinistre afin d’éviter tout risque de suraccident, estime M. Coulibaly. Selon le spécialiste, les gestes de réanimation sont strictement réservés aux personnes ayant une parfaite maîtrise des techniques de secourisme. « Lors de la prise en charge de la victime, les gestes approximatifs sont prohibés. Seule la parfaite maîtrise des techniques permet de redonner vie à une victime en arrêt des trois fonctions vitales (respiratoire, nerveuse et circulatoire) », dit-il. En l’absence de maîtrise des gestes de premiers secours, il faut rapidement évacuer la victime vers le centre de santé le plus proche, puisque l’arrêt cardiaque est le principal risque immédiat chez la victime, en plus des brûlures. Toutefois, les secours ou le premier témoin, s’il est titulaire d’un certificat de secourisme, peut procéder à un massage cardiaque externe (MCE) ou à une réanimation cardiopulmonaire (RCP) dès lors que l’arrêt du cœur est constaté, conclut le spécialiste. Joseph Amara Dembélé

5 days ago

Mondial 2026 : Avant l’épilogue, les grandes leçons d’une édition inédite

© Internet À l’approche du dénouement de la Coupe du monde 2026, plusieurs enseignements se dégagent de cette première édition à 48 équipes, entre surprises, confirmation des favoris et bilan contrasté des sélections africaines. Bien avant la finale, cette Coupe du monde a déjà bouleversé plusieurs repères. Pour la première fois, 48 nations étaient réunies dans un même tournoi, avec une phase de groupes élargie et l’apparition des seizièmes de finale. Une formule qui a offert davantage de rencontres et permis à un plus grand nombre de sélections de goûter à la compétition, tout en imposant un parcours plus long aux candidats au titre. Le tournoi a toutefois confirmé que l’élargissement du plateau n’avait pas réduit son intensité. Plusieurs outsiders ont bousculé les hiérarchies et chaque tour à élimination directe a réservé son lot de surprises. Redistribution des cartes Le passage à 48 équipes a multiplié les opportunités pour les sélections émergentes, tout en obligeant les grandes nations à gérer un calendrier plus dense. Cette évolution a favorisé des confrontations inédites et prolongé le suspense jusqu’aux derniers matchs de groupe. Les grandes nations de l’histoire de la compétition ont rarement bénéficié d’un parcours tranquille. Les seizièmes de finale ont ajouté une étape supplémentaire, donnant davantage de poids à la profondeur des effectifs, à la récupération et à la gestion des temps faibles. Des surprises sans véritable révolution Ce Mondial aura offert plusieurs résultats marquants. L’élimination de l’Allemagne face au Paraguay ou encore celle du Brésil contre la Norvège, dans une moindre mesure, figurent parmi les principaux coups de théâtre de la phase à élimination directe. À l’inverse, certaines nations ont confirmé leur statut. L’Espagne s’est montrée particulièrement convaincante, jusqu’à décrocher son billet pour la finale. La France a également confirmé sa régularité en atteignant le dernier carré, tandis que l’Angleterre et l’Argentine se sont elles aussi hissées en demi-finales au terme de parcours parfois plus laborieux. Ces trajectoires rappellent que les surprises restent possibles, mais que la régularité, l’expérience et la maîtrise collective continuent de départager les équipes dans les moments décisifs. L’Afrique hors du dernier carré L’augmentation du nombre de participants a permis au continent africain de présenter davantage de représentants, avec des parcours parfois encourageants. Le Maroc s’est de nouveau affirmé comme la locomotive du football africain en atteignant les quarts de finale, après avoir déjà marqué les esprits en 2022. Derrière les Lions de l’Atlas, plusieurs sélections ont montré de belles séquences sans parvenir à s’installer durablement dans la phase finale. Le Sénégal, la RDC, le Ghana, le Cap-Vert, l’Algérie ou encore la Côte d’Ivoire ont quitté la compétition dès les seizièmes, tandis que l’Égypte a atteint les huitièmes. Cette édition confirme néanmoins que les sélections africaines sont capables de rivaliser avec des adversaires de premier plan sur une rencontre. Le défi est de maintenir ce niveau sur la durée et de mieux négocier les moments décisifs pour se rapprocher régulièrement du dernier carré. La Coupe du monde 2026 aura ainsi élargi le champ des possibles sans rendre le titre plus accessible. Davantage de nations se sont mêlées à la compétition, mais le sommet demeure réservé aux sélections capables de conjuguer profondeur d’effectif, maîtrise tactique et constance. Mohamed Kenouvi

5 days ago

Dr Cheick Oumar Soumano : « Il faut que les jeunes soient associés »

© Internet Dans le cadre de la Journée mondiale des compétences des jeunes, célébrée le 15 juillet, Dr Cheick Oumar Soumano, Président de l’Organisation des jeunes patrons et Coordinateur du Baromètre, analyse les politiques de formation et d’insertion au Mali. Quel bilan faites-vous des politiques publiques de formation des jeunes ? Nous pouvons être satisfaits de ce qui a été entrepris par les autorités. Le ministère chargé de la Jeunesse intervient surtout sur la citoyenneté et la sensibilisation, tandis que celui chargé de l’Entrepreneuriat, de l’Emploi et de la Formation professionnelle agit davantage sur la formation, l’insertion et la création d’entreprises. Ces actions couvrent plusieurs domaines. Mais les besoins restent énormes. Les politiques doivent donc être intensifiées afin qu’une plus grande partie de la jeunesse puisse en bénéficier. Pourquoi l’inadéquation entre formation et emploi persiste-t-elle ? Beaucoup de programmes ont été conçus sans associer les Directeurs des Ressources Humaines et sans tenir compte des tendances de l’économie pour les vingt prochaines années. Les cursus universitaires ont souvent été pensés sur une base théorique, sans correspondre aux besoins réels. Cette difficulté concerne le Mali, mais aussi d’autres pays de la sous-région et de l’AES. Les reconversions professionnelles apportent une réponse. Un diplômé en anglais destiné à l’enseignement peut, par exemple, devenir secrétaire bilingue grâce à une formation adaptée et à un stage. Ce n’est pas la faute des jeunes. Les autorités cherchent aujourd’hui à corriger une situation qui a fortement affecté leur insertion. Quelle part de responsabilité les pouvoirs publics portent-ils ? Je préfère parler d’une mauvaise perception plutôt que de responsabilité. Les programmes étaient élaborés au bénéfice des jeunes sans les associer suffisamment et sans consulter pleinement le secteur privé, qui utilise les compétences. L’État a joué son rôle de formation et d’éducation. Il doit désormais rassembler les acteurs, mettre leurs compétences en synergie et mieux prendre en compte les besoins des employeurs afin de rendre l’insertion plus efficace. Quelles réformes attendez-vous ? « Il faut que les jeunes soient associés », notamment à travers le Conseil national de la Jeunesse. Toutes les composantes du secteur privé doivent aussi être écoutées, de l’agriculture à l’artisanat, en passant par l’industrie, le commerce et les services. Ensemble, les acteurs doivent élaborer les curricula et instaurer un cadre permanent de concertation et d’évaluation. Les jeunes doivent participer au suivi des propositions et de leur impact sur l’insertion. Ce travail produira ses effets à moyen et long terme.

5 days ago

Bamako City Tour : Inscrire le tourisme local dans la durée

© Internet Du 18 juillet au 27 septembre 2026, l’Agence de promotion touristique du Mali organise la quatrième édition de Bamako City Tour. Porté par le département de la Culture, le programme vise à rapprocher les résidents des sites touristiques et à soutenir un secteur affaibli par la crise. Après trois éditions aux résultats jugés encourageants, l’enjeu est désormais de consolider l’élan. Organisée en partenariat avec les agences de voyages et les guides touristiques, l’initiative s’installe progressivement dans l’agenda culturel du pays. Elle cherche à développer le tourisme intérieur et à rendre leur patrimoine plus accessible aux Maliens. Elle offre aux locaux l’occasion de découvrir des lieux souvent proches, mais encore absents de leurs habitudes de loisirs et de sorties. « C’est un programme qui a révolutionné l’accessibilité et la promotion des sites touristiques auprès des résidents nationaux, majoritairement des enfants et adolescents, mais également des adultes », assure Sidy Keïta, Directeur général de l’APTM. Après trois éditions, l’Agence estime que Bamako City Tour a favorisé la valorisation des sites, le développement de parcours touristiques urbains et un nouveau regard des populations sur leur patrimoine. Le programme a aussi contribué à relancer l’activité des agences de voyages et des guides, dont le travail a été fortement touché par la crise. Maintenir la dynamique Selon le Directeur général de l’APTM, au moins une vingtaine de sites touristiques ont été valorisés à Bamako et dans les régions. Environ 40 000 personnes ont bénéficié de visites subventionnées à Bamako, Ségou, Sikasso, Mopti et Kayes. Les contenus réalisés autour de ces sites auraient, pour leur part, touché près de 15 millions de personnes. Chaque année, le programme mobilise plus de quinze agences de voyages et une vingtaine de guides. Il leur a également permis de proposer et de vendre des circuits touristiques au-delà de la période consacrée au City Tour, prolongeant ainsi les retombées de l’opération. La pérennisation de ces acquis exige cependant des investissements importants. La Phase II, centrée sur les parcours interurbains, suppose des routes praticables, des sites entretenus, une signalisation adaptée et de meilleures conditions d’accueil et de visite. Plusieurs lieux historiques restent encore méconnus ou difficilement accessibles. Maintenir la dynamique passe enfin par l’élargissement des circuits et des expériences proposés aux visiteurs. Bamako City Tour peut contribuer à la relance du tourisme intérieur, à condition que l’initiative gagne en régularité, consolide les professionnels mobilisés et améliore durablement l’accès au patrimoine.

5 days ago

États-Unis – Iran : Ormuz au cœur de la reprise des hostilités

© Internet Les récentes frappes américaines et les ripostes iraniennes ont fragilisé l’accord intérimaire conclu en juin pour arrêter la guerre et rouvrir le détroit d’Ormuz. La crise menace désormais la navigation, les marchés énergétiques et l’équilibre régional bien au-delà du Golfe. Les États-Unis et l’Iran ont repris leurs attaques, après plusieurs semaines de trêve précaire. Washington a frappé des sites de missiles, de drones et de surveillance, tandis que Téhéran a visé une base militaire américaine en Jordanie, Bahreïn et des pétroliers proches du détroit. Un marin indien a été tué et huit autres blessés lors d’attaques contre deux navires liés aux Émirats arabes unis. Signé le 17 juin, le mémorandum intérimaire prévoyait l’arrêt des hostilités, la réouverture d’Ormuz et soixante jours de négociations sur le nucléaire iranien, les sanctions et la navigation. Le Pakistan et le Qatar avaient facilité l’entente, tandis qu’Oman intervenait sur les modalités maritimes. L’application du texte s’est heurtée à des lectures opposées, Washington exigeant un passage libre et Téhéran revendiquant l’organisation du trafic. Ormuz sous pression Donald Trump a annoncé le rétablissement d’un blocus sur les ports iraniens et proposé une contribution équivalant à 20 de la valeur des cargaisons protégées par les États-Unis. Les modalités restent à préciser et suscitent des réserves parmi les armateurs et les gouvernements, attachés à la liberté de navigation. Près d’un cinquième du pétrole mondial transitait habituellement par Ormuz. Le Brent a dépassé 86 dollars le baril, tandis que le trafic commercial de pétroliers est tombé à son plus bas niveau depuis deux mois. Les assureurs ont relevé leurs primes de guerre, certains recommandant de suspendre les traversées, et les coûts d’affrètement ont fortement augmenté. L’Arabie saoudite, les Émirats, le Qatar, le Koweït, l’Irak et Bahreïn dépendent largement du détroit pour leurs exportations énergétiques. Le Qatar, grand fournisseur de gaz naturel liquéfié, cumule ainsi les rôles de médiateur et d’État exposé à toute fermeture prolongée. La médiation continue Malgré les frappes, les canaux diplomatiques restent actifs. Doha, Islamabad et Mascate cherchent à rétablir les discussions. Washington réclame un engagement public iranien garantissant la sécurité maritime, tandis que Téhéran conditionne l’apaisement à la fin des opérations américaines. La crise dépasse le Golfe. La hausse du pétrole renchérit le transport, l’électricité, les engrais et les denrées importées. La stabilité d’Ormuz déterminera la solidité de la trêve, la reprise des flux énergétiques et la possibilité d’un règlement politique durable.

5 days ago

CEDEAO – AES : Les contours d’une coexistence régionale

© Internet À quelques jours du sommet du 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, les contacts entre l’AES, l’Union africaine et la Russie redessinent les rapports régionaux. Libre circulation, commerce et sécurité deviennent les terrains concrets d’une coexistence encore provisoire. Cette 69ème session demeure un rendez-vous interne à la CEDEAO. Aucune rencontre officielle avec l’AES n’est annoncée. Le programme rendu public met en avant la paix, la gouvernance, le commerce et l’intégration, des dossiers liés aux rapports avec les voisins sahéliens. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement quitté la Communauté le 29 janvier 2025. Pour prévenir une rupture, la CEDEAO a maintenu, « jusqu’à nouvel ordre », la reconnaissance des passeports, la circulation sans visa, les droits de résidence et d’établissement et le régime préférentiel des biens et services. Le sommet suit plusieurs gestes diplomatiques récents. Les ministres de l’AES ont reçu Sergueï Lavrov à Niamey, Bamako et Alger ont rétabli leurs ambassadeurs et rouvert leurs espaces aériens, puis Mahmoud Ali Youssouf de l’UA a effectué une visite au Mali les 12 et 13 juillet. Dégel D’ailleurs, le communiqué Russie - AES du 8 juillet saluait la « dynamique positive du dialogue » avec la CEDEAO et l’Union africaine. Moscou confirmait aussi son soutien militaire et diplomatique à la Confédération. Toutefois, le partenariat russe n’exclut pas la reprise des contacts africains. À Bamako, Mahmoud Ali Youssouf a qualifié ses échanges de « francs, approfondis et constructifs ». À sa sortie d’audience avec le chef de l’État, il a reconnu l’AES comme « une réalité du paysage régional » et plaidé pour le dialogue, le bon voisinage et une réponse collective au terrorisme. Le dégel entre le Mali et l’Algérie complète ce tableau. Pour l’heure, aucun élément public n’établit une médiation russe. Le retour des canaux facilite les consultations, mais le contentieux du drone abattu et les divergences sur les groupes armés demeurent. Passerelles L’AES a déclaré son territoire sans visa pour les ressortissants de la CEDEAO et leur reconnaît les droits d’entrée, de circulation, de résidence et d’établissement. Ces décisions réciproques ont limité les perturbations, sans constituer encore un accord commun durable. Pour les voyageurs et les opérateurs, les incertitudes concernent les contrôles, les assurances, les diplômes, la protection sociale, les titres de séjour et les documents de l’AES. Des réglementations divergentes compliqueraient des pratiques jusque-là encadrées par les protocoles communautaires. L’économie impose aussi des passerelles. Les pays de l’AES, sans accès maritime, dépendent des corridors vers les ports côtiers. Les États littoraux profitent du transit et des débouchés sahéliens. Des écarts tarifaires ou douaniers augmenteraient les délais, les coûts de transport et les prix. Sécurité La coopération sécuritaire constitue le dossier le plus urgent. Groupes armés, trafics et réseaux criminels franchissent les frontières entre le Sahel et les pays côtiers. Le renseignement, les alertes précoces et la coordination locale restent nécessaires, malgré des doctrines militaires et des partenariats extérieurs différents. Pourtant, la confiance politique demeure fragile. Les sanctions, la menace d’intervention militaire au Niger et les désaccords sur les transitions ont laissé des contentieux. Les autorités sahéliennes placent l’égalité souveraine, la non-ingérence et la reconnaissance de leur Confédération au centre de leurs relations extérieures. Le dialogue ne possède pas encore de cadre conjoint stabilisé. En juin, des experts du Mali, du Burkina Faso et du Niger se sont réunis à Ouagadougou pour préparer une position commune avant de futures consultations avec la CEDEAO sur la sécurité, le commerce et la stabilité régionale. Horizon Lungi peut préciser la position des Douze et leur mandat pour les négociations futures. Des interlocuteurs désignés, un calendrier et des groupes techniques permettraient de passer des mesures unilatérales à des arrangements négociés sur la circulation, les échanges et la sécurité transfrontalière. Les limites restent visibles. Le programme public du sommet ne garantit aucune décision spécifique sur l’AES. La visite de Mahmoud Ali Youssouf n’a été accompagnée d’aucune annonce levant la suspension du Mali par l’Union africaine. Le rapprochement entre Bamako et Alger a rétabli le dialogue sans régler les différends. La recomposition régionale se joue moins dans un retour à l’ancienne CEDEAO que dans l’organisation d’une coexistence prévisible. Son contenu se mesurera aux garanties offertes aux citoyens, aux commerçants et aux transporteurs, ainsi qu’à la capacité des institutions séparées à coopérer face aux menaces communes, dans un cadre clairement défini et durable.

5 days ago
Journal du Mali — News Tracking & Analysis | Real Narrative News