Substances précieuses : L’encadrement en question

© InternetLe Mali s’est engagé depuis quelque temps dans un processus de réorganisation du secteur minier. Après la Brigade des mines, l’Office malien des substances précieuses, chargé de la commercialisation de ces ressources, notamment l’or issu de l’orpaillage, vient d’être créé. Un instrument dont les missions restent à clarifier pour en garantir l’efficacité. Institué par décret en Conseil des ministres, cet Office intervient dans un secteur stratégique. Le Mali figure parmi les trois premiers producteurs d’or en Afrique, avec plus de 70 tonnes par an, dont 72,2 tonnes en 2022, pour environ 763 milliards de francs CFA de recettes publiques. L’or représente plus de 70 des exportations et entre 7 et 9 du PIB. Cette création s’inscrit dans la mise en œuvre du Code minier de 2023 et de la Loi sur le contenu local, visant à mieux capter les retombées du secteur. L’Office est chargé de réguler, centraliser et sécuriser la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. Sa mise en place répond à un besoin réel, mais pose aussi la question de la répartition des rôles. L’artisanat minier, qui mobilise plus d’un million d’orpailleurs et fait vivre près de 2 millions de personnes, reste en grande partie en dehors des circuits formels, avec une production difficile à tracer. Cette situation relance le débat sur l’organisation du secteur. En attendant la définition précise des prérogatives de l’Office, plusieurs acteurs insistent sur la nécessité d’un dispositif spécifique pour l’orpaillage. La création d’une structure dédiée à la gestion de l’exploitation artisanale, encore largement informelle, apparaît comme une piste à examiner, selon Djibril Diallo, expert minier. Distinguer les missions La question de l’organisation renvoie à celle des responsabilités. Pour M. Diallo, la mise en place de deux entités distinctes - l’une pour l’orpaillage, l’autre pour la commercialisation - permettrait une meilleure répartition des tâches. Plusieurs leviers sont avancés : organiser et former les acteurs, recenser les exploitants et les sites afin de garantir une exploitation légale, mais aussi développer le raffinage local pour assurer la traçabilité et mieux cerner les volumes produits. Alors que la production artisanale officiellement déclarée est estimée à 6 tonnes, des évaluations évoquent entre 200 et 300 tonnes échappant chaque année aux statistiques officielles, avec des pertes fiscales importantes. Le passage des comptoirs et commerçants par un circuit formel, sous le contrôle de l’Office, contribuerait à mieux structurer le marché. Malgré le poids du secteur aurifère, ces éléments montrent les limites actuelles dans le suivi de l’exploitation artisanale et des flux commerciaux.

March 27, 2026

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Journal du Mali
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