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Soumaïla Lah : « La démocratie s’est heurtée à des réalités structurelles profondes »

April 17, 2026
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Posted 4 hours ago by

© InternetÀ l’occasion des 35 ans de la révolution du 26 mars 1991, le débat sur le bilan et l’avenir de la démocratie malienne est plus que jamais d’actualité. Entre espoirs déçus, crises institutionnelles et quête de refondation, l’analyste politique Soumaïla Lah livre son regard. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi. 35 ans après mars 1991, quel bilan global faites-vous de la démocratie malienne aujourd’hui ? Trente-cinq ans après la chute de Moussa Traoré, le Mali est à un tournant où l’héritage de mars 1991 est fortement questionné.

Le pays est passé d’un espoir démocratique à une quête de souveraineté et de refondation, souvent sans bases solides. Il cherche encore un équilibre entre la nécessité d’un pouvoir fort pour stabiliser l’État et l’attachement aux libertés acquises en 1991. Le bilan est donc globalement mitigé. Quels sont, selon vous, les principaux obstacles qui ont freiné l’enracinement d’une démocratie solide au Mali depuis 1991 ? La démocratie s’est heurtée à des réalités structurelles profondes. Elle a souvent été perçue comme un outil de partage du pouvoir entre élites plutôt que comme un mécanisme au service du bien commun. Le faible taux d’alphabétisation a limité la compréhension des enjeux politiques, favorisant le populisme et l’influence des leaders religieux. À cela s’ajoute un sentiment d’injustice sociale qui a contribué aux crises, notamment les coups d’État de 2012 et 2020. Le principal problème reste l’incapacité du système à produire des résultats concrets pour les populations. Peut-on dire que l’instabilité institutionnelle du Mali est une crise du modèle démocratique mis en place après mars 1991 ? Oui. L’instabilité observée depuis 2012 traduit une rupture de confiance envers le modèle démocratique. Il ne s’agit pas seulement d’une crise de gouvernance, mais aussi de conception. La pratique politique a été assimilée à une logique d’intérêt financier et une partie de la population associe désormais la démocratie à la faiblesse de l’État. Cette perception a favorisé l’acceptation des interventions militaires de 2020 et 2021. En bientôt 5 ans de pouvoir, quels sont selon vous les acquis majeurs du Président Assimi Goïta ? On peut relever l’adoption de lois d’orientation et de programmation dans les secteurs de la défense, de la sécurité et de la justice, ainsi que des réformes dans le secteur minier. Toutefois, le bilan global est mitigé. Quelles sont aujourd’hui les principales perspectives ou attentes des Maliens pour la suite de la Transition ? Les attentes portent sur la sécurité, la dignité nationale et l’amélioration des conditions de vie. Si certains ont accepté la prolongation de la Transition, les résultats restent en deçà des espérances. Le défi est désormais de bâtir un système de gouvernance stable, sans retomber dans les dérives autoritaires du passé.

Journal du Mali
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