Marché du carburant en Afrique de l’Ouest : Vers une vaste réorganisation
April 9, 2026
Journal du Mali
© Internet En Afrique de l’Ouest, la crise du carburant liée au blocage du détroit d’Ormuz, au Moyen-Orient, inquiète. Même si les pays ne sont pas tous logés à la même enseigne, cette crise pourrait être une opportunité pour recomposer le paysage. Dans plusieurs pays de la sous-région, les prix du carburant ont augmenté. En cause : les tensions autour du détroit d’Ormuz, liées à la crise opposant les États‑Unis et Israël à l’Iran.
Au Nigeria, le prix du litre d’essence a atteint 0,90 dollar (environ 505 francs CFA) en mars, contre 0,76 dollar (environ 427 francs) en février 2026. En Sierra Leone, le litre a grimpé à 1,77 dollar (environ 994 francs CFA). Au Mali, le litre de super est passé de 775 à 875 francs CFA. Partout, la tendance est à la hausse. Au Ghana, la seule raffinerie du pays, capable de couvrir 40 des besoins nationaux en carburant, a redémarré ses activités en décembre 2025. Au Sénégal, où le litre d’essence s’établit à 920 francs CFA (contre environ 1 000 précédemment), les autorités ont lancé un avertissement : le pays pourrait être proche d’une rupture de stock si la crise au Moyen‑Orient se prolongeait. Dans la région, les prix actuels varient : au Bénin, le super coûte 695 francs CFA. Au Niger, le litre de super est le moins cher de la région, à 499 francs. En Côte d’Ivoire, le super est à 820 francs et le gasoil à 675 et au Burkina Faso le litre de super est à 850 francs CFA. Face à ces tensions, plusieurs pays tentent de diversifier leurs sources d’approvisionnement. La raffinerie Dangote du milliardaire nigérian a ainsi annoncé l’envoi d’environ 12 cargos - soit l’équivalent de 456 000 tonnes de produits raffinés - vers la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Cameroun et la Tanzanie. Ces livraisons interviennent après que la raffinerie ait atteint une capacité de 650 000 barils par jour. Le Nigeria, hub énergétique ? Le Nigeria, premier producteur africain de pétrole brut, qui importait auparavant une grande partie de ses produits raffinés, reçoit désormais 65 millions de litres d’essence par jour de sa raffinerie. Celle‑ci peut par ailleurs exporter jusqu’à 20 millions de litres supplémentaires quotidiennement. Alors que de nombreux pays enregistrent des hausses, le Nigeria pratique des prix de 15 à 20 inférieurs à la moyenne régionale. De simple exportateur de brut, il se positionne désormais comme une alternative pour ses voisins. Pourtant, pour approvisionner efficacement un marché régional proche mais difficile d’accès, il faudra relever d’importants défis logistiques : sécuriser les axes routiers, moderniser les infrastructures portuaires et améliorer la distribution afin que l’Afrique de l’Ouest subisse moins les soubresauts des marchés internationaux.
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